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Arrête de crier, je me repose

J'ai mal aux yeux, sérieux

Arrête de crier, je me repose

Marie Desmet

10 juillet 2026

Bon, je vais sûrement me faire quelques potos dans le marketing avec un article pareil. Ou quelques ennemis, ah ah, ah ! Mais, tu sais quoi ? Je m’en bats… les steaks frites mayo. Donc, tant pis.

Hier, je lisais un article sur la visibilité. Ah, la bonne vieille visibilité ! On la cherche tellement, celle-là. On la veut si fort qu’on serait prêt à écrire n’importe quelle connerie pour l’avoir (la preuve en est, ah, ah, ah). On serait prêt à faire n’importe quoi… pour un flirt avec toi. De rien, c’est cadeau.

On en veut toujours plus. On veut être vu, entendu, liké, partagé… partout, plus vite, encore, encore. C’est que le début, d’accord, d’accord.

Ben non, en fait, je suis pas toujours d’accord, d’accord.

Si éventuellement, tu es déjà sous le charme après ces premiers paragraphes et que tu veux me joindre… Appuie sur le bouton !

On connecte ?


Trois. Deux. Un. C’est parti

Je lance le concours mondial, international, de l’univers tout entier (ouais, je sais, ça veut rien dire) du « m’as-tu-vu » ou « Regarde-moi ! ». Pourtant, tu lances pas une entreprise en te disant que ton rêve le plus grand, c’est d’avoir 12 000 vues sur Lunquedine, Face de bouc ou Tic et Tac.

Enfin, j’espère.

Si tu lances une entreprise ou que tu bosses dans une entreprise, elle résout normalement un problème, elle apporte quelque chose à quelqu’un (euh… ouais, c’est bizarre aussi ça, mais je vais le laisser parce que je me comprends…), elle défend peut-être une cause, elle transmet un savoir-faire…

Bref, la visibilité, dans ce cas, devrait servir ce projet, pas le devenir. Tu vois le délire ?

Le syndrome du mégaphone, tu connais ?

Tu sais peut-être que je suis chanteuse. Et si tu ne le sais pas… eh bien, je suis chanteuse.

Eh bien, imagine un peu que je vienne te chanter une chanson à 5 centimètres de tes oreilles. Je te préviens, j’ai du coffre. J’ai beau avoir une belle voix, ça va te saouler au bout de 4 secondes et demie. Ce sera trop fort, tu vas rien piger, ça va t’agresser et, au final, est-ce que tu vas ressentir quelque chose de positif à part un « tu-m’emzbubes » (oui, je l’ai inventé celui-là)-à-hurler-dans-mes-oreilles !

Et quand t’y penses, c’est comme ça pour tout ! Ça sert à rien de gueuler ! Au final, tout devient fort, urgent, important, critique, problématique, anxiogène, délirant, faux, exceptionnel, catastrophique, révolutionnaire ou scandaleux. Et TOUT ne doit pas l’être.

Tu m’étonnes qu’on ne s’étonne plus de rien. Il faut que la situation soit irréversible pour qu’on y prête attention ! On en est là ! Tu connais l’expression « crier au loup », tirée de la fable d’Ésope ?

Et donc, arrête de monter le volume.

Grandir ne veut pas dire grossir

Oui, parce que vois-tu, les centimètres et les kilogrammes, ce n’est pas la même chose, sans parler de la maturité…

Non, tout le monde n’est pas ton client. Je sais, ça pique un peu, mais vouloir atteindre tout le monde, c’est le meilleur moyen de ne toucher personne.

Pour ma part, je dirais que les messages les plus puissants sont ceux qui assument à 100 % un point de vue, ceux qui attirent certaines personnes et en éloignent d’autres. Ouais, OK, c’est pas confort, mais c’est bien ça qui crée l’identité !

La croissance est souvent associée à des chiffres, on en veut toujours plus de tout : plus de followers (avant même les clients dans certains cas), plus de clients, plus de chiffre d’affaires, plus de parts de marché…

Mais qu’en est-il de cette autre forme de croissance ? Celle qui consiste à approfondir son expertise, à améliorer ses produits et ses services, à renforcer, non pas sa visibilité, mais sa relation avec ses collaborateurs et ses clients, à toujours être utile et juste ? N’est-ce pas cela aussi, grandir et croître ?

J’ai peut-être tort. Mais…

Je crois que le marketing a parfois oublié sa mission première, à savoir aider une offre utile à rencontrer les personnes qui en ont besoin. Ou alors, c’est juste ma vision et il faut que je change de métier, LOL.

Je sais qu’il faut vivre, mais on pourrait peut-être le faire autrement qu’en fabriquant du bruit ou en nourrissant des algorithmes. On pourrait arrêter le concours mondial, international et même de l’univers tout entier du « m’as-tu-vu » ou « Regarde-moi ! ». Parce qu’avouons-le, allez, c’est vraiment du grand n’importe nawak !

Alors oui, on peut travailler ta visibilité. Bien sûr. Mais d’abord, pose-toi la question :

Qu’est-ce que tu as réellement à dire qui mérite l’attention de quelqu’un ?

Donc voilà

Allez, je retourne bosser mon message. Ma visibilité, elle attendra bien cinq minutes. Mais si tu veux en parler, n’hésite pas !

On connecte ?

je suis à toi… Regarde-moi ah ah.