La nuit dernière, je dormais bien tranquillement, la bouche ouverte et la langue pendante… Mmm, est-ce que ce détail était bien nécessaire ? Ben oui.
Enfin non. Je regardais plutôt le plafond en pensant à cette étrange époque où même les boulangers doivent faire du personal branding sur Instagram pour vendre une bonne miche de pain…
Et là. Illumination cosmique. Je sais enfin ce que je veux faire… de la Slow Com, comme on pétrit une bonne pâte à la main !
Oui. Un concept totalement révolutionnaire consistant à… reprendre son calme avant de publier 14 posts inutiles sur « l’importance de l’authenticité ».
C’est vrai, au fond, on vit dans un monde où les marques communiquent tellement qu’on dirait des Schtroumpfs qui ont englouti trois paquets de Chokotoff, de Chocobons ou de gros lacets rouges bien acidulés comme je les aime, avant une réunion Teams. On poste. On commente. On optimise. On « engage ». On « booste la visibilité ». On « travaille son personal branding ». Et on raconte surtout du beau gros bullshit marketing. Tu ajoutes à ça une bonne grosse dose d’IA, et là tu te retrouves en direct live, avec un marteau transformé en cycliste dopé au bêta-carotène qui te vante les mérites des capotes au goût fromage à raclette et ultra résistantes parce qu’elles ont 3 couches de latex rouge et jaune à petits pois.
Mais franchement, qu’est-ce que ça fait à ton cerveau, tout ça ? De la compote, de la purée, de la barbe à papa ? Un bon velouté de connerie, ouais !
Le grand n’importe quoi des réseaux sociaux
Aujourd’hui, j’ai quand même cette impression grandissante que la com sur le net, sur les réseaux, tout ça, tout ça, c’est devenu un casino. Il n’y a pas de fenêtres, il y a du pognon, du bling-bling, et ça nous plume, ça nous plombe, ça nous lobotomise un peu aussi.
Est-ce que ça nous rassurerait ? Peut-être…
Bon ça va, je vais pas faire ma pimbêche qui crache sur le business. Moi aussi, je scrolle sans même plus savoir pourquoi, je reste coincée sur des conneries monumentales, je me perds dans les méandres de cette machine à fric parce que c’est chic, et parfois même j’achète et je me fais avoir comme une bleuette, que je ne suis plus ! Gueule en terre, NDD !
Le drame du contenu moderne
À force de vouloir plaire à des algorithmes, suivre des trends et optimiser des KPI, les marques finissent parfois par perdre leur voix. Et ça, woman (ben oui), c’est dramatique. Parce qu’une marque sans voix, c’est un peu comme un chanteur sans bouche. Essaie un peu de chanter « We Are the Champions » sans bouche… Alors ? Difficile, hein ?
Ouais, c’est très compliqué de chanter sans bouche ! Bien qu’avec l’IA… oh Desmet, tais-toi !
La Slow Com, c’est quoi exactement ?
Très bonne question, Jean-Michel.
Tu connais Julien Kaibeck et sa bible de la Slow Cosmétique ? Tu connais le Slow Food de Carlo Petrini ? Ben voilà, moi, c’est un peu la même chose avec la Slow Com. Je ne dois sûrement pas être la première à y penser ! Mais ce n’est pas grave, c’est l’intention qui compte !
Le but dans tout ça, ce n’est pas de disparaître pendant six mois dans une cabane de pêcheur ardennais et de publier des clichés de mousse, de cailloux et de sandalettes de Jésus pêchées dans la vase avec, en légende, une citation de ton grand-oncle.
Comme je te disais plus haut, c’est de communiquer avec intention.
Créer. Le Petit Robert dirait « faire, réaliser qqch. qui n’existait pas encore ».
Oserait-on créer quelque chose qui n’existe pas encore ? Qui ressemble à quelqu’un, qui raconte quelque chose, qui respire un peu, qui n’a pas été généré par un grille-pain nourri aux prompts ?
Moi, je crois qu’on peut. Je crois qu’on devrait toutes et tous au moins essayer.
Une marque, ce n’est pas un sac à merde
Non, tu n’as pas besoin de parler tout le temps, tu n’as pas besoin de commenter chaque journée mondiale de la courgette. Et tu sais quoi ? On s’en branle de te voir… pour te voir.
En fait, le vrai luxe aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est d’être capable, ou même d’avoir envie, de provoquer un élan d’optimisme, de générosité, de calme, de quiétude, de colère, de solidarité, d’empathie… Je pourrais continuer pendant des heures.
Oui, je sais, le marketing, c’est générer de la demande, créer un besoin chez le prospect qu’il n’a pas encore, blablabla.
Le grand retour des humains
Je pense qu’on arrive doucement à saturation. Mais ce que je pense, on s’en fout ! C’est comme les avis… hein Manu ? Manu, il dit que les avis, on peut se les foutre au…
L’humain aime le ton (mayo, hahahaha), le relief, l’humour, les imperfections, les phrases (enfin, ça, ça dépend de l’âge quand même !), les idées, les vraies, les personnalités, les vraies.
Donc, revenons à l’humain, non ?
Donc voilà
La Slow Com. C’est un concept inventé la nuit dernière entre deux insomnies et un ronflement du Scorpion qui dort à côté de moi.
Mais honnêtement ? Je pense qu’on en a besoin. C’est la com du turfu, man !
